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Colloquium – 17 avril

14 avril 2026

Cette semaine, dans le cadre du colloquium de l’OICRM-ULaval, nous aurons le plaisir d’accueillir Patricia Deslauriers et Zachary Loubert, doctorant.e.s en musicologie (recherche-création), ainsi que Laurence Beaulieu, étudiant à la maîtrise en musicologie (recherche-création), qui viendront présenter leurs travaux respectifs. Vous trouverez ci-dessous les résumés de leurs présentations ainsi que leurs notices bibliographiques.

Patricia Deslauriers

Ce projet de recherche-création porte sur les relations entre certains paramètres musicaux et les effets de bien-être qu’ils peuvent induire chez l’auditeur. Bien que plusieurs recherches aient identifié des paramètres influençant l’état physiologique et émotionnel, ces travaux demeurent souvent fragmentés et peu orientés vers la création musicale. Le projet vise à développer une compréhension intégrée de ces paramètres afin d’orienter des démarches de création musicale visant le bien-être de l’auditoire. Il repose d’abord sur l’analyse d’un corpus d’extraits musicaux à l’aide d’une grille issue de la littérature, ainsi que sur leur évaluation par des participants à l’aide d’un questionnaire. Les résultats permettront d’identifier les paramètres les plus associés au bien-être, qui seront ensuite intégrés dans un processus de création musicale. Les œuvres produites feront enfin l’objet d’une évaluation afin d’en mesurer les effets.

Patricia Deslauriers est doctorante en musicologie (recherche-création) à l’université laval, après avoir complété un baccalauréat en interprétation jazz et musique populaire à l’université de Montréal en 1993. Contrebassiste et bassiste électrique, elle mène depuis plusieurs décennies une carrière comme musicienne pigiste et directrice musicale pour la télévision, la radio et auprès d’artistes reconnus. Elle est responsable de la programmation variétés au Domaine Forget de Charlevoix et cofondatrice et directrice artistique du festival Québec Jazz en Juin. À la suite d’un premier album consacré à des relectures jazz de chansons de richard desjardins, elle développe actuellement un projet personnel d’écriture pour un second album de jazz.

Zachary Loubert

On dit du mille-pattes qu’il marche parfaitement jusqu’à ce qu’on lui demande comment il coordonne ses pattes. Qu’advient-il, alors, des chansons d’un auteur-compositeur-interprète francophone lorsqu’on lui révèle les mécanismes stylistiques qui sous-tendent ses propres textes? Si la chanson francophone a fait l’objet de nombreuses réflexions théoriques, il ne semble pas y avoir de cadre permettant d’analyser systématiquement les procédés stylistiques à l’œuvre dans les paroles ni d’en mesurer l’impact sur la pratique créative. Ce projet de recherche-création vise d’abord à établir une cartographie stylistique de la chanson francophone en élaborant une grille d’analyse et en l’appliquant, par le biais de l’intelligence artificielle, à un vaste corpus. Des auteurs-compositeurs-interprètes (ACI) participants, dont le chercheur lui-même, seront ensuite confrontés à leur propre profil stylistique, puis invités à écrire de nouvelles chansons dans un processus documenté, munis d’un accès libre à la cartographie stylistique de l’ensemble du corpus. En comparant les chansons produites avant et après cette confrontation, le projet cherche à mesurer l’impact de cette conscience stylistique sur l’écriture, tout en questionnant ce que révèle ce processus sur les notions de style, d’authenticité et d’originalité perçue chez l’artiste.

Zachary Loubert est un auteur-compositeur-interprète doctorant en musicologie à l’Université Laval sous la direction de Serge Lacasse. Titulaire d’un baccalauréat en interprétation et création musicale de l’Université de Sherbrooke et d’une maîtrise en auteur-compositeur-interprète de l’Université Laval, il poursuit une démarche de recherche-création qui allie analyse stylistique et pratique d’écriture de chansons francophones. Actif sur la scène folk-rock québécoise depuis 2016, il a œuvré au sein de plusieurs projets musicaux, dont Su’l Fly et Endorphine, en plus de mener une carrière solo. Il enseigne également la musique dans plusieurs contextes pédagogiques.

Laurence Beaulieu

En quoi les pratiques musicales improvisées contribuent-elles à la négociation et à l’expression des identités trans et queer en musique jazz? Si plusieurs études se sont intéressées à l’impact des normes de genre dans la culture du jazz sur les musiciennes, peu d’études ont examiné les pratiques de musicien·nes des communautés LGBTQ+, et peu s’intéressent précisément à la pratique de l’improvisation jazz. Ce projet vise à analyser les tensions que les normes cishétéronormatives créent pour les musicien·nes queer et trans et à documenter les stratégies d’expression et de négociation de leurs identités, afin de comprendre comment un milieu musical fabrique des manières d’être et quelles possibilités émergent d’un vécu et d’un rapport queer à ce milieu.

Diplômé du baccalauréat en interprétation jazz, Laurence Beaulieu est étudiant à la maîtrise en musicologie (recherche-création) sous la direction de Sophie Stévance. Guitariste du quartet Courtepointe, un groupe de jazz qui arrange et interprète des compositions de femmes et de musicien·nes des communautés LGBTQ+, il s’intéresse dans sa maîtrise aux pratiques musicales improvisées de musicien·nes jazz trans et queer. Parallèlement, il s’implique depuis plusieurs années à l’École de langues de l’Université Laval, où il dirige des ateliers musicaux interculturels avec des apprenant·es de français langue seconde. À travers ses pratiques musicales et ses recherches, il explore la portée sociale transformatrice de la musique et aspire à créer des espaces d’inclusion et d’émancipation pour toustes.

La séance aura lieu sur Zoom, vendredi le 17 avril à 9h. Vous pourrez y accéder via le lien ci-dessous, en entrant le code suivant: 656107